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Lorsque le Maître enseigna à ses quelques disciples, il surprit un papillon sur une fleur et dit : « Votre esprit est semblable à ce papillon. Il passe d’une idée à l’autre mais ne s’attarde sur aucune. Comment le papillon peut-il apprécier le parfum d’une fleur s’il va déjà sur la suivante ? »

 

Si nous avons l’occasion d’observer notre esprit, nous remarquons qu’il produit une succession de pensées liées à nos expériences passées, à nos sensations et à notre imagination.

 

Derrière cette manifestation de la nature ordinaire de l’esprit, il existe une conscience qui n’est pas affectée par les émotions de l’esprit ordinaire.

Elle est vide de pensée. Elle est pure.

 

Prenons le temps de prendre conscience d’une pensée. Posons-nous ensuite les questions suivantes : d’où vient-elle, quelle est sa forme et où va-t-elle ?

 

Cette pensée, comme toutes pensées, ne vient que de notre imagination, elle n’a pas de contenu tangible, ni forme, ni couleur puis elle disparaît dès qu’une autre apparaît.

 

La pensée ordinaire est vide d’existence mais représente le lieu de toutes nos émotions (agréables et désagréables).

Lorsqu’une pensée porteuse de colère s’éveille en nous, notre comportement ainsi que nos sensations corporelles se modifient considérablement.

Nous sommes plus fébriles et plus irritables, notre cœur bat plus vite et nos muscles se contractent anormalement.

Nos rapports avec nos proches deviennent tendus.

Cette colère peut conduire à la violence, d’abord verbale puis physique. 

Ensuite, vient le remord, le regret et le constat souvent implacable de l’irréparable.

 

Afin d’éviter ces comportements affligeants, prenons juste le temps d’observer l’origine de cette colère, la succession de pensées d’où elle a émergé. Rendons-nous compte que ces pensées ne sont qu’une construction mentale vide de réalité et souvent liée à la peur de perdre le contrôle d’une situation souvent imaginaire.

 

Nous pouvons comparer notre pensée à un lac dont les vagues produites par des événements extérieures, comme le vent ou le jet d’une pierre, apparaissent puis disparaissent. 

 

Notre pensée, nourrie par les expériences extérieures, produit des émotions qui apparaissent puis disparaissent pour laisser place à d’autres émotions qui disparaissent à leur tour.

 

Calmer la pensée en ralentissant le flux des émotions, quelle que soit les événements extérieurs est l’expérience la plus directe qui soit pour découvrir l’espace entre les pensées où siège la conscience pure. 

 

Percevoir cette conscience pure nous procure une sensation de bien-être, de paix et de félicité très contagieuse, du moins à ceux qui sont prédisposés à la ressentir.

 

Roland Delsa